Le genre du « noir » me permet d’être un observateur attentif de la réalité et de la décrire à travers une histoire criminelle

À la fin d'un jour ennuyeux

Un pur bonheur d’une immoralité absolue.

« La fin d’un jour ennuyeux » est non seulement le titre mais le leitmotiv de votre roman. Pourquoi?

C’est le refrain d’une chanson des années 30, dont les droits ont été achetés par Campari, une célèbre marque d’apéritif. Et c’est aussi l’heure de l’apéritif sur les places des villes du nord-est italien, un des « lieux » du roman. Les théâtres et les cinémas ferment mais les bars où les gens se réunissent pour boire le spritz se multiplient. On pourrait dire que tous les personnages du roman sont des « hommes à spritz » (un apéritif composé de Campari ou d’Apérol, de prosecco, d’une tranche d’orange, et parfois d’un peu de limonade).

Y a-t-il beaucoup de Massimo Carlotto dans l’affreux des affreux Giorgio Pellegrini ?

Il n’y a rien qui ressemble à l’auteur. J’ai bien connu des personnages réels qui sont la copie conforme de Giorgio Pellegrini, je les considère comme des ennemis, j’écris sur eux pour qu’on puisse les reconnaître.

Le choix d’une narration à la première personne s’est-il imposé tout de suite ?

Arrivederci amore, ciao, le premier roman où Giorgio Pellegrini fait son apparition, est déjà écrit à la première personne. Je souhaitais enlever toute distance émotive entre le lecteur et le personnage. Mon objectif, c’est une lecture conflictuelle. Nombreux sont ceux qui au final détestent Pellegrini, mais, aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est un des personnages préférés des lectrices. Le mal génère toujours des confusions dangereuses.

Est-ce toujours quelques grandes familles qui gèrent en dernier ressort les combinaisons entre les mondes des affaires, politique et mafieux en Italie ?

Oui, surtout dans le nord-est. Aujourd’hui elles ont plus de pouvoir dans les villages, et moins dans les villes, mais pour tout ce qui concerne les banques, les industries et les informations, ce sont encore elles qui décident. En Italie, les journaux et télévisions locales ont un grand pouvoir d’influence. Berlusconi en a tiré tous les enseignements.

Que signifie écrire des romans pour vous ?

J’aime raconter la réalité en la mélangeant à la fiction romanesque. Tous mes projets de roman s’attaquent à un thème précis, à une histoire refoulée, à une enquête. Le genre du « noir » me permet d’être un observateur attentif de la réalité et de la décrire à travers une histoire criminelle.

Y aura-t-il un troisième roman consacré à Giorgio Pellegrini ?

Oui, il sortira simultanément en Italie et aux Etats-Unis en 2015. Le thème de fond, ce seront les conflits générés par la crise, qui touche tout et tout le monde, de la sphère du travail à la criminalité.

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Du bon, du costaud, du subversif, de l’immoral, un vrai plaisir de lecture.

Si les italiens sont si forts dans ce genre de littérature, c’est peut-être qu’ils ont eu, jusqu’à la nausée, un des plus beau représentant de cette société comme chef de gouvernement …

Carlotto a réussi son coup en nous livrant un roman plein de rythme, sans fioriture et avec des personnages diablement attachants…