Le vainqueur écrit sa propre version de n'importe quelle guerre.


Jan Guillou

© Ulla Montan

Les Ingénieurs du bout du monde

Jan Guillou est un écrivain et journaliste suédois connu au début par une série d’articles où il a révélé que la Suède par l’intermédiaire de sa police sécrète épiait des citoyens suédois par des raisons politiques. Converti en scandale politique, appelé IB-affären il lui a valu d’être accusé d’espionnage suite à quoi il passé dix mois en prison.

Actuellement, il est un journaliste influent, ses articles critiquent la politique extérieure des États-Unis, la politique israélienne contre les palestiniens et le Service Secret Suédois. Aussi, il a trouvé une manière de dire ce qu’il veut dire en créant une série d’histoires de fiction sur un espion suédois le ’ Coq Rouge ‘. “Les Ingénieurs du bout du monde” c’est le premier livre d’une série dédiée par XXe siècle : " Le siècle des grandes aventures”

La description des lieux nous transporte dans le temps et dans l’espace, jusqu’à ces scènes de la vie quotidienne, comme si on y était. Comment faites-vous pour créer ces lieux ? Comment se déroule le processus d’écriture ?

J’essaye de lire autant que je peux au sujet des lieux que je décris, et j’utilise bien évidemment mon imagination. Par ailleurs, j’ai déjà visité les endroits que je décris, car c’est très important de pouvoir saisir l’âme de chaque pays, montagne, désert, océan, ville, village, etc.

Le roman a une narration alternée. Comment avez-vous créé la structure du roman, pourquoi avez-vous choisi de faire ainsi ?

La construction de voies de chemin de fer symbolise l’avancée technique, qui est, si l’on peut dire, l’essence du XXème siècle. Un des frères est installé en Europe, j’ai dû envoyer l’autre en Afrique – un continent que je connais très bien car j’ai chassé en « Afrique Orientale allemande » pendant plus de dix ans.

Pourquoi avoir choisi Hardangervidda et l’Afrique allemande comme arrière-plan du roman ?

Ces deux endroits forment un contraste parfait, et le décor de l’Afrique Orientale allemande m’a permis de raconter une histoire sur la Première Guerre Mondiale qui n’a jamais été racontée auparavant. Pour éviter de répéter encore une fois le déjà trop utilisé théâtre européen de cette guerre.

Qu’est-ce qui vous attire le plus dans la période historique durant laquelle se passe le roman ? A savoir, les premières décennies du XXème siècle?

Un autre monde était possible à l’époque: et si nous avions pu éviter la Première Guerre Mondiale ?

Il s’agit plutôt des épisodes peu connus de la Première Guerre Mondiale. J’étais frappée par les procédés des Belges et des Anglais.

Oui, le vainqueur écrit sa propre version de n’importe quelle guerre. Dans les manuels d’histoires en Angleterre, on parle des atrocités de l’Allemagne, puisque l’Allemagne a perdu la guerre, elle ne peut pas écrire l’Histoire de manière crédible. Et puisque la Belgique se trouvait aussi du coté des vainqueurs, elle a pu s’en tirer alors même qu’il y a eu un génocide comparable à l’Holocauste.

Qu’est-ce qui vous lie aux personnages du roman ? Comment ont-ils pris forme ?

Je me suis principalement inspiré de l’histoire de mon grand-père et de ses frères pour créer les trois frères dans le roman, tout en ajoutant des modifications lors que c’était nécessaire.

Quel était votre objectif lors que vous avez commencé à écrire ce roman ?

En fait, mon objectif était d’écrire une série d’une dizaine de livres sur le Grand Siècle, le 20ème siècle. Il y a donc plusieurs livres à venir.