Je reste assez secret quand on me demande qui a pu m'inspirer et comment - ce qui me permet de conserver mes amis.


Florent Oiseau

Florent Oiseau

Je vais m'y mettre

Florent Oiseau, 25 ans, a été pompiste, chômeur, barman, plongeur, réceptionniste de nuit, ouvrier dans une usine de pain de mie, crêpier, et couchettiste sur le Paris-Venise. Il est aujourd’hui surveillant dans un lycée de la banlieue parisienne. “Je vais m’y mettre” est son premier roman.

-Comment fait un homme de votre âge pour se mettre (si bien) dans la peu d’un quadragénaire désabusé?

De manière assez naturelle, en fait. Actuellement il est plutôt aisé de se sentir désabusé, ou d’imaginer l’être. Je ne dois mon mérite qu’à notre époque.

-Où êtes-vous allé chercher cette histoire?

Dans un bistrot de Gambetta, au fond du bar, à proximité du flipper. Et un peu dans ma tête aussi.

-Dans votre livre, on voit le Paris du quotidien d’une classe sociale très présente dans la vie des quartiers mais au même temps, un peu dans la marge.

L’absence de point d’interrogation rend cette phrase assez déroutante. Je suis un garçon vite débordé, du coup je préfère passer, j’espère que vous ne m’en tiendrez pas rigueur.

-Vos personnages sont-ils inspirés de personnes que vous connaissez ? Si c’est le cas, ces personnes vous adressent encore la parole ?

Je me suis servi à droite et à gauche ( je suis un peu le Modem, en fait ) et reste assez secret quand on me demande qui a pu m’inspirer et comment – ce qui me permet de conserver mes amis.

-Étiez-vous dans un esprit particulier durant l’écriture de votre roman ?

Je venais de voir mon premier manuscrit refusé d’un peu partout et n’espérais plus trop une éventuelle publication. Je voulais juste participer à un concours – rémunéré – de nouvelles. Et m’acheter des rideaux avec l’argent du prix. Et puis le plan a changé. Mais je n’ai toujours pas de rideaux.

-A qui s’adresse ce livre ?

Il s’adresse à pas mal de gens, je pense. Mais je sais surtout à qui il ne s’adresse pas: les amoureux du stakhanovisme et les grenouilles de bénitier.

-Quels sont les auteurs de votre génération que vous lisez (et que vous appréciez) aujourd’hui?

Le seul auteur vivant que je lis assidûment se nomme Franz Bartelt. Je le trouve incroyable. Mais en fait, je lis assez peu. Je me demande parfois si je dois en avoir honte ou pas.